L’approche économique de l’éducation
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Depuis
bien des décennies, les économistes ont porté une attention croissante à
l’éducation. L’économie de l’éducation se révèle comme une branche assez
technique de l’économie appliquée. Elle se superpose en quatre angles d’analyse
: les effets de 1’éducation sur l’économie, la micro-économie de l'éducation,
la planification de l'éducation et les effets de la politique économique sur le
système éducatif dans un pays.
1 - Les effets de l'éducation sur
l'économie
Les
analystes de la constitution du capital humain considèrent que l'une des
fonctions essentielles de tout système éducatif revient à préparer une main
d'œuvre qualifiée en quantité suffisante pour le marché du travail. Il n'est donc
pas surprenant que les économistes aient consacré du temps et des efforts
considérables pour essayer de quantifier cette offre, peut-être plus qu'aucun autre
aspect de l’économie. Les efforts pour comparer tous les coûts et tous les
bénéfices que l’on peut en tirer d’un investissement conduisent à l'analyse coût-bénéfice,
comme courante depuis longtemps dans les domaines extérieurs à l'éducation. Il
s'agit, par exemple, de types d'investissement tels que la construction de
barrages, d'autoroutes ou de l'emplacement d’un aéroport dont le résultat est
sous la forme de rentabilité par rapport aux dépenses engagées à l'origine. Si
l'on observe l’éducation comme un investissement en capital humain, l’analyse
coût-bénéfice peut être appliquée à la moyenne ou à la totalité de l'éducation
qu’un individu ou une population a reçue à un moment donné. De même, elle peut
être appliquée du point de vue rendement privé pour l’individu, ou de celui de
la rentabilité sociale pour la collectivité dans son ensemble, bien que les
distinctions soient quelques fois confuses. Si on examine, par exemple, la
prolongation de la durée de la scolarité, on voit qu’elle s’appliquerait à une
année supplémentaire de scolarité, mais constituerait une moyenne puisqu’il s’agirait
d’un groupe d’âge entier et non pas d’un seul individu. Tous les calculs de
l'analyse coût-bénéfice posent le problème des ajustements (souvent de nature
arbitraire) que le chercheur est obligé d'appliquer à ses données brutes en
matière de coûts et de revenus. De nombreux chercheurs respectent la convention
selon laquelle on suppose « un coefficient alpha » ou un pourcentage des gains
supplémentaires attribués à l'éducation, et ajustent pour une augmentation supposée
de revenu d’un pourcentage par an sur l'ensemble de la vie active d'un individu.
D'ordinaire, les niveaux postuniversitaires offrent des rendements bien
inférieurs à ceux des cycles universitaires qui, à leur tour, ont un rendement
inférieur à celui des qualifications moins élevées. Enfin, il convient
d'inclure, dans ce chapitre, les travaux sur le stock de capital humain et sur
la contribution de l'éducation à la croissance économique.
2 - La micro-économie de l'éducation
À mesure que l'on considère le système éducatif comme une industrie, les économistes naturellement s’efforcent de lui appliquer des approches semblables à celles utilisées pour les études industrielles. On en trouve un exemple évident dans les variables de l’analyse input-output ou dans l’examen des ressources consacrées à l’éducation et dans le résultat ou « produit » que l’on obtient en fin de cycle d’étude. Ceci a conduit à des efforts destinés à évaluer la productivité ou l’efficacité dans la mesure où il apparaît possible de comparer divers aspects de l'éducation, ou différents systèmes éducatifs, ou même les tendances dans le temps au sein d'un même système. De même, l'économie a porté son attention sur (i) le fonctionnement du « marché » de l'éducation, (ii) le financement de l’éducation et (iii) la relation entre les dépenses d'éducation et les autres variables économiques, en particulier le Produit National Brut. Mais, le point (iii) est traité principalement dans le cadre de la macroéconomie. Le financement de l’éducation s’attire une publicité considérable, particulièrement en ce qui concerne la contribution éventuelle par les étudiants ou leurs parents au coût de leur éducation, à propos des versements par l'Etat sous les modalités différentes, à des écoles indépendantes faisant payer des frais de scolarités. Il convient enfin de noter, dans le registre de la micro-économie de l’éducation, les études sur le pourcentage de l'économie nationale (habituellement exprimée sous forme de PNB), consacré à l'éducation, même si, ces études relèvent plutôt du domaine macro-économique et ont montré que les dépenses d'éducation ont toujours tendance à absorber une proportion toujours croissante du PNB.
3 - La planification de l'éducation
La
plupart des pays du monde admettent qu'ils planifient leurs systèmes éducatifs
sous une forme ou sous une autre. Certains Etats s’efforcent de préparer des
prévisions détaillées des besoins en main-d'œuvre pour leur économie nationale
à des périodes successives. Cette approche des « besoins en
main-d'œuvre » ou « planification de la main-d'œuvre » a souvent
été considérée comme l'alternative principale au taux de rendement précédemment
évoqué. Les prévisions doivent être faites si longtemps à l’avance qu’elles sont
nécessairement susceptibles de contenir une grande marge d'erreur sans oublier
que les circonstances peuvent changer considérablement entre-temps.
4 - Les effets de la politique économique
sur le système éducatif
Dans
de nombreux pays, la politique macro-économique a introduit des variations dans
les dépenses du gouvernement central, à la lumière de la situation économique prévalante.
Bien évidemment, en période de récession et de rigueur économique, il a fallu
réduire les dépenses gouvernementales. Etant donné que l'éducation nationale
constitue l'une des catégories majeures des dépenses publiques dans la plupart
de pays, le service éducatif a souvent pâti, quelque fois même gravement, des
réductions de dépenses publiques en faveur du capital humain. Cela en conflit dangereux
avec l'objectif à long terme consistant à espérer que l'éducation nationale favorisera
la croissance économique.
En
guise de conclusion, plusieurs facteurs peuvent perturber l’analyse économique
de l’éducation. Des questions telles que les effets du changement climatique,
du changement dans la population, ou les déséquilibres régionaux ou encore les
pénuries ressenties dans certaines disciplines telles que les sciences et
1'ingénierie.
ALEZA Sohou, Université de Lomé

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