Appel à contribution pour une étude pilote au Togo

 


BLOC GEOGRAPHIQUE DJAMDE, SANDA-AFOHOU, SANDA-KAGBANDA–BGDSS POUR UN PROGRAMME PILOTE D’AGRICULTURE, D’ELEVAGE ET DE PISCICULTURE


Photo 1 : L'auteur dans son village 


 

Source : Ressources personnelles.


1.         Introduction-contexte-justification

Au cours des dernières décennies, les populations potentiellement actives des pays en voie de développement surtout celles d’Afrique francophone se caractérisent par un chômage massif causé en partie par l’abandon des terres et le départ de la jeunesse vers les villes déjà surpeuplées, par considération des ressources disponibles. D’autres jeunes partent en aventure vers des horizons plus lointains. D’après la dernière théorie économique de la Banque Mondiale, celle-ci comprend enfin que les richesses des peuples dépendent de la terre tout simplement à travailler. La situation a pour autre origine le fait que le système de formation hérité de l’époque coloniale beaucoup plus axé sur la préparation des cadres au service de l’empire français, n’a véritablement pas changé structurellement pour impacter les économies nationales, les espaces régionaux, les territoires et les ménages. Au regard de l’inexistence jusqu’alors des possibilités d’auto-entreprenariat des jeunes formés dans les établissements scolaires généraux, techniques et professionnels créés par les pays nouvellement indépendants, il s’impose le changement de paradigme de politique éducative en lien avec la production socio-économique. Le concept de développement endogène et d’aménagement des territoires par les populations autochtones elles-mêmes sous l’impulsion de leur diaspora respective, se convoque dans la nouvelle problématique de croissance multidimensionnelle. Le Togo, pays de l’Afrique de l’Ouest ne peut se soustraire du modèle alternatif doigté et défendu par plusieurs auteurs modernes du début XXIème siècle. En effet, le niveau réel du chômage et du sous-emploi de la jeunesse, même s’il est inconnu reste en hausse par les observations empiriques sur le terrain. La tendance peut être rapidement renversée si les jeunes se redéfinissent un nouveau concept d’entreprenariat en cessant d’attendre indéfiniment un emploi dans une entreprise publique ou privée ou encore dans l’Administration comme fonctionnaire d’Etat, catégorie socioprofessionnelle, d’ailleurs particulièrement visée par la jeunesse instruite dans les lycées et universités du pays.

Le Togo compte 8 095 498 habitants dont plus de la moitié réside dans les zones rurales (4 621 706) d’après les résultats définitifs du cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-5). Cette population apparaît extrêmement jeune avec possibilité d’induction d’une main d’œuvre potentielle et spécialement abondante en la transformant en capital humain techniquement et professionnellement qualifié par un système éducatif performant (Gary Becker, 1993). Sur le plan économique, 70 % de la population togolaise demeurent essentiellement agricole avec un rendement foncier très maigre du fait de la faible mécanisation de l’agriculture, du moins légère. Si la problématique de modernisation de l’agriculture, de l'élevage et de la pêche tient à cœur le gouvernement togolais qui ne ménage aucun effort en matière du développement des secteurs cités, une vision stratégique du genre par où commencer fait défaut.

Pour le moment, faire face au problème d’insécurité alimentaire très menaçante partout, depuis les effets déchainés du changement climatique rapide et parfois soudain, les acteurs publics ont procédé à la création des Agropoles notamment dans la région de la Kara. La région septentrionale a ainsi bénéficié également de la mise en place de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) qui développe plusieurs variétés de cultures. Le centre de recherche en question accueille des chercheurs de différentes nationalités et livre des semences améliorées aux paysans. La région de la Kara a gagné aussi un projet intitulé « Projet de dessouchage » de la part de la société Calafi Sarl en partenariat avec l’Etat. Le projet a permis le dessouchage de 100 hectares dans le canton de Sanda-Kagbanda et le déploiement de matériels agricoles nouveaux sur les sites agricoles de Sanda-Kagbanda, Natitikpi, Natibouré, Guérin-kouka dans la préfecture de Bassar en région de la Kara. En dehors des atouts décrits, les marchés de bétail se multiplient dans le pays, par exemple à travers les cantons de Djamdè et de Sandra Kagbanda pour faciliter le commerce animalier.

Autrefois grenier du pays Kabyè, le Bloc Géographique Djamdè, Sanda-Afohou, Sanda-Kagbanda -BGDSS à cheval entre les préfectures de la Kozah et de Bassar (suivant la carte jointe), dispose aujourd’hui des terres arables inexploitées et un climat très favorable à l’agriculture, à l’élevage sans oublier une hydrographie d’eau de surface abondante venant des principales rivières Kawa, Kagbanda et Kara appropriée aux projets d’aquaculture et de pisciculture. La stratégie du développement endogène du BGDSS par l’introduction des collèges et lycées agricoles correspond aux opportunités naturelles de l’environnement spatial des trois cantons. Lorsqu’une population est disponible par le travail sur son propre sol en vue de l’autosuffisance, inutile d’hésiter dans l’abstrait pour finalement la faire dépendre de l’extérieur comme savent le faire certaines élites africaines non accomplies qui poussent à la négligence des opportunités que nous entourent dans notre propre environnement naturel. 


Carte 1 : Bloc géographique Djamde, Sanda-Afohou, Sanda-Kagbanda –BGDSS


Source : Aléza Sohou/Faya Lémou, 2024.


Concernant la préfecture de la Kozah, elle s’étend sur une superficie de 1 074 km2 et semble immensément peuplée avec une population de 283738 habitants dont 141188 d’hommes et 142550 de femmes. Et disposant d’un climat tropical semi-humide caractérisé par l’alternance d’un vent sec et froid (Harmattan) et d’un vent humide et chaud (Mousson), véritables intrants naturel pour la culture de l’igname, du sorgho, du maïs, et des légumineuses. Alors que la préfecture de Bassar assez vaste de par sa superficie de 3 410 Km², la zone compte une population de 152065 habitants répartie en 76235 d’hommes et de 75830 de femmes. Elle se distingue par un climat de savane selon l’ancienne classification de Köppen-Geiger avec des précipitations importantes si bien que pendant les mois plus secs, il pleut abondamment. Sur l'année, la température moyenne dans la zone reste de 26.4°C et les précipitations se mesurent en moyenne de 912.3mm. C’est la température, d’ailleurs adéquate à la culture de l’igname, du maïs, etc.

Chaque histoire du développement socio-économique d’un pays, voire d’une région géographique apparaît singulière. Raison pour laquelle l’actuel programme BGDSS pour la Renaissance d’une ancienne population agricole, d’élevage et de pêche avec au cœur la création des collèges et lycées agricoles, se projette en ce tournant historique de prise de conscience pleine de l’échec du modèle de développement économique fondé sur l’extérieur et l’attente des populations vis-à-vis de l’Etat central en ce qui concerne leur progrès d’ensemble. De l’agriculture, par ses résultats compétitifs, on passe à l’industrie, de celle-ci, au moyen de ses effets concurrentiels, crée le commerce et les services ; l’inverse se fonde souvent sur la spéculation en proliférant l’échec qui retombe sur des populations vulnérables plus majoritaires. Parce que le principe de la réalité revient toujours à la surface comme règle naturelle. Au moins si l’investissement devenait équitable entre les trois secteurs économiques, les conséquences ne seraient pas plus désastreuses aujourd’hui pour les peuples qui connaissent toujours la faim, la soif et la misère. On ne peut pas se développer en copiant uniquement les stratégies des autres pays surtout occidentaux très conscients de leurs faiblesses qu’ils transforment en opportunités économiques. Lorsqu’on regarde leurs résultats, le rôle de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche demeure tellement camouflé qu’il reste invisible à certains Africains qui croient que tout le monde peut se développer et s’autosuffire en commençant par investir massivement dans les secteurs tertiaires et industriels.  

L’autre particularité du présent programme BGDSS revient à mettre directement à profit la politique de décentralisation du Gouvernement consistant à rendre le pouvoir nécessairement non régalien aux populations locales pour se prendre en charge dans la logique du principe de subsidiarité entre l’Etat et ses collectivités territoriales. Étant donné que la moitié du produit intérieur brut de tous les pays du monde dépend de la nature donc de la terre selon la Banque mondiale (www.banquemondiale.org « une croissance solide, c’est une croissance verte, 22 mai 2024 »), le programme mobilisera les collectivités locales plus responsabilisées pour se prendre en charge en luttant non seulement contre l’insécurité alimentaire, mais aussi contre la pauvreté structurelle, les inégalités sociales, les terrorismes, les menaces d’instabilité politique par carence d’offre réelle d’opportunités de progrès, les problèmes environnementaux, le changement climatique, les conflits liés aux terres, le grand banditisme, les criminalités, l’alcoolisme, la consommation des stupéfiants, etc. La mise en œuvre du programme BGDSS qui ouvrirait un nouveau chapitre dans l’histoire de l’économie du développement des collectivités territoriales en terre togolaise, passerait par plusieurs phases techniques ayant un cadre logique précis.


2 – Approche méthodologique de collecte, d’analyse de données, de collaboration et de conduite du programme de développement endogène du BGDSS


Avant toute innovation d’une parcelle de secteur économique, la formation du capital humain, les moyens de production, les infrastructures, les structures, les superstructures, etc… s’avèrent indispensables. Pour en arriver là, le diagnostic de la situation d’une région d’intervention ciblée s’impose. Le diagnostic consiste en une recherche-action participative, ouverte et inclusive réunissant tous les acteurs du BGDSS identifiables au plan central, régional, préfectoral, municipal et local. Une équipe pluridiplinaire mènerait d’abord la collecte de l’existant et des éléments d’expérience en matière de l’aménagement du territoire, de la formation agricole, d’élevage et de pêche et plus précisément dans les trois cantons de Djamdè, Sanda Afohou, Sanda Kagbanda  depuis l’indépendance jusqu’à nos jours avant de se livrer à la prospective et au recensement d’informations nouvelles par enquête quantitative et qualitative sur fond d’appui d’une revue de documentation produite dans le domaine du développement endogène par l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les préalables déboucheront à la rédaction d’un programme de développement endogène par l’offre de formation technique et professionnelle à la population, en particulier à sa jeunesse avec bien sûr une proposition de ses structures de fonctionnement, de ses instruments politique, juridique, d’application et de stratégie de mobilisation des ressources pour le succès du programme du développement du bloc géographique Djamdè, Sanda Afohou, Sanda Kagbanda.


2.1 – Identification des acteurs et structures impliqués dans le processus de transformation du BGDSS


L’identification des acteurs et structures publics en plus privés à impliquer dans le processus de transformation du BGDSS aide à la collecte des données et information déjà existantes. En effet, il subsiste dans les structures locales, régionales et nationales une pléthore d’informations, depuis le fichier des chefs de canton, de village, des cadres civils et militaires, des députés à l’Assemblée nationale originaires du bloc géographique, jusqu’aux étudiants ayant rédigé leur mémoire sur les phénomènes socio-économiques et politiques de la localité. Ces informations sont rarement répertoriées et le moment devient opportun pour le faire malgré des difficultés d’accès aux données. De plus, elles doivent être vérifiées, triées, traitées, interprétées et stockées. Les données présentant un grand intérêt pour le diagnostic du développement endogène de la région rejoindraient un registre thématique conséquent. 

On peut aussi s’épargner d’investir beaucoup dans la recherche en faisant l’inventaire spécifique au BGDSS, à extraire des rapports internes des services publics sur l’éducation, la formation technique et professionnelle, l’aménagement du territoire et l’inventaire des études sous-sectorielles antérieures dans le domaine du développement endogène par l’agriculture, l’élevage et la pêche avant d’entamer le diagnostic du milieu relatif au bloc géographique. En effet, de telles études sous-sectorielles ont été réalisées par des étudiants-chercheurs en Master et Doctorat. Parfois elles sont difficiles d’accès pour des raisons variables ; dans d’autres cas la qualité et la fiabilité de certaines données qu’elles contiennent paraissent douteuses. Il semble de toutes façons important de connaître d’éventuels résultats de travaux de recherche antérieurs sur le bloc géographique et de procéder à une revue critique de la littérature sur la région.

 

2.2 – Recensement des besoins en matière de développent endogène du BGDSS

 

Le recensement des besoins en matière de développement endogène du BGDSS exige la recherche d’informations nouvelles et pertinentes concernant l’ensemble du programme. Une fois déterminées, les informations supplémentaires à recueillir, le groupe ou l’équipe pluridisciplinaire aura à choisir parmi toute la panoplie des méthodes de recherche en sciences sociales et même de nature (observations empiriques, entretiens, enquêtes, études) et les techniques à utiliser pour compléter les données d’expériences déjà existantes.

Est-il ou non avantageux d’analyser un échantillon représentatif de l’univers géographique ciblé sur certaines questions clés du développement endogène de la localité ? C’est surtout une question de coût par rapport aux ressources disponibles du programme BGDSS. Il apparaît souvent possible de tirer des conclusions sérieuses d’une enquête restreinte ou d’un nombre limité d’entretiens, lorsque le but revient à élucider une question pointue, par exemple d’ordre politique préalable à la mise en œuvre du programme de développement du bloc géographique.  Au contraire, dans le cas d’une analyse des besoins en matière de développement socio-économique endogène de la région où des problèmes très variés s’imposent à aborder, il vaut la peine de choisir une série de terrains d’enquête couvrant des environnements divers, par exemple un échantillon représentatif des populations locales situées dans les différents cantons du bloc géographique. La collecte des données nécessite d’être très soigneusement coordonnée. L’approche permet, non seulement d’économiser des ressources, mais aussi de comparer et de combiner les données concernant l’accès à l’agriculture mécanisée, à l’élevage amélioré, à la pisciculture moderne par les ménages. En effet, toutes les informations pertinentes issues de la localité alimenteront dans une certaine mesure le programme. Il s’agit des informations socio-économiques, des talents des élèves du milieu, des informations sur les débouchés des formations reçues dans les collèges et lycées agricoles, d’élevage et de pêche, du comportement du marché de l’emploi, de l’effet des transformations attendues sur la nomenclature des métiers dans le bloc géographique, de la valeur de l’éducation technique et professionnelle, etc… relatives à l’entité sociale ou provenant des établissements, des diverses collectivités locales d’autres régions à des fins de comparaison. Le rapprochement de données relatives à des aspects différents de pratiques agricoles, mais relevant du même univers permet souvent de mieux comprendre la valeur ajoutée du BGDSS. Les informations collectées doivent subir un dépouillement, des traitements variés avant de pouvoir être analysées interprétées par le biais de :


-       Confection de tableaux ;

-       Etablissement de séries chronologiques ;

-       Agrégation ou désagrégation des données ;

-       Estimations ;

-       Calculs de ratios ;

-       Calcul de moyennes, d’écarts types, de taux de croissance, d’indicateurs pertinents de toute nature ;

-       Mise en évidence des tendances ;

-       Comparaison ;

-       Préparation de graphiques et de cartes, etc.

 

Les différents traitements statistiques contribueront à mieux comprendre la situation actuelle du BGDSS.


2.3 - Prise en compte des avis et propositions des différents acteurs et structures à impliquer dans le processus du développement endogène du BGDSS


La plupart des personnes ressources participant au diagnostic du développement d’un bloc géographique pour en ressortir l’état de lieu, peut en général être des entrepreneurs privés, des fonctionnaires, des cadres civils et militaires proches de l’Administration centrale, de l’Exécutif et de l’Assemblée nationale dont les avis et propositions paraissent souvent importantes et se révèlent comme effets de futur soutient éventuel. Cependant, il est souhaitable que leur vision du système de développement endogène soit confrontée positivement avec les opinions des forces vives qui travaillent quotidiennement sur le terrain (populations, parents, élèves, étudiants, enseignants, corps médical, leaders religieux, commerçants, employeurs locaux, personnes ressources, etc.). Il importe en effet de vérifier si le groupe ou l’équipe de chercheurs a correctement identifié les problèmes que les masses populaires et des élites locales considèrent comme fondamentaux ; ou si les solutions que le groupe ou l’équipe de négociateurs propose se présentent réalistes et susceptibles de résoudre les problèmes de pauvreté, de misère, d’inégalités, etc… qui menacent la survie et l’autosuffisance des populations, ou encore si les solutions doivent être revues à la lumière de l’expérience des partenaires externes réellement solidaires du programme de développement endogène du BGDSS.


2.4 – Elaboration d’un document stratégique de mobilisation des moyens et de la mise en œuvre du programme de développement endogène du BGDSS


Dans l’analyse sous-sectorielle du développement endogène du BGDSS, la documentation amassée au cours de la recherche-action apparaîtrait trop volumineuse pour être assimilée par les autorités politiques, la diaspora du milieu et les partenaires extérieures du fait de leur agenda chargé. Les problèmes identifiés peuvent être nombreux et se répéter souvent, avec des variantes dans l’apport-contribution de plusieurs acteurs différents. Il s’avère indispensable de remettre en forme et fond l’ensemble de ces contributions détaillées, en mettant en exergue les informations capitales sur le développement endogène du BGDSS, en regroupant les différents problèmes par type ou niveau d’innovation inductive et en les classant. A cet effet, on peut organiser des sessions de présentation et de discussion des problèmes, ainsi que des exercices d’établissement des priorités. Ces exercices nourrissent l’élaboration du document stratégique de mobilisation des moyens et ressources pour résoudre les problèmes de fond soulevés par l’ensemble des acteurs en lien avec le BGDSS en vue de permettre la mise en œuvre du programme de développement endogène par la révolution verte agricole, d’élevage et de la pisciculture. Le document de synthèse apportera de la clarté avec la formulation des problèmes par ordre de priorité et par thème essentiel.

Une fois que les forces et faiblesses du bloc géographique seront relevées, le fondement légitime pour la préparation du plan stratégique de mobilisation des moyens et de la mise en œuvre du programme de développement endogène se trouve renforcé. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, reste la principale stratégie contenant l’effet de boule de neige, à savoir le redressement de l’industrie de la production de la qualité du capital humain local par la mise au centre des populations, d’ailleurs coutumières du travail de la terre, les collèges et lycées agricoles, d’élevage et de pisciculture vraiment fonctionnels.


2.5 – Détermination de la forme de structure du programme de développement endogène du BGDSS


La consultation des populations servant en même temps d’un début de sensibilisation et de conscientisation pour l’intérêt du développement endogène, l’enquête de terrain couvrant cadres civils et militaires, diaspora et autres partenaires du programme déterminent par avance la forme finale de la structure en charge du développement endogène du BGDSS à peaufiner si nécessaire au fur et à mesure de la maîtrise des problèmes complets liés aux aspects organisationnels du succès efficace et efficient des objectifs des projets interconnectés du programme. Il apparaît nécessaire que la représentation de la forme de la structure en charge des activités concrètes sur le terrain soit complétée forcément par les plans de ceux qui y travaillent quotidiennement aux niveaux local, régional et central en lien avec le bloc géographique. Les opinions des principaux partenaires du programme, à savoir les agents publics et privés du milieu, leaders religieux, groupements de coopérative et autres éclaireront la forme définitive de la structure de pilotage du développement endogène du BGDSS. L’organisation de séminaires locaux, cantonaux, régionaux et nationaux de restitution réunissant les leaders du bloc géographique, la diaspora, cadres civils et militaires, hommes politiques favorables au programme et partenaires extérieurs, conduit souvent à l’amélioration substantielle de ladite structure du pilotage du BGDSS.


2.6 – Rédaction de l’avant-projet de décisions pour l’organisation et le fonctionnement du programme de développement endogène du BGDSS

La masse critique d’informations, de données recueillies sur le bloc géographique en plus de l’analyse et l’interprétation faites pendant le diagnostic du développement endogène permettent largement de procéder à la rédaction des propositions d’instruments politiques et juridiques relatifs à l’organisation et au fonctionnement du développement endogène du bloc géographique.

2.7 – Mobilisations des différents acteurs autour du programme

La mobilisation des différents acteurs autour du programme du BGDSS commence dès la collecte des données, l’identification des problèmes et l’appropriation des perspectives de solution pendant les différentes étapes des travaux de recherche-action. S’il apparaît relativement aisé de réussir le traitement quantitatif des données, il n’est pas toujours aussi facile d’aboutir ensemble à l’identification des problèmes. Par exemple, un cadre issu du milieu considérera la construction des marchés couverts dans les cantons comme indispensable, car il pensera seulement à sa signification économique, mais il ne verra pas immédiatement que les infrastructures des marchés couverts suivront plus tard les résultats d’activités des entreprises du capital humain rendu compétent par les collèges et lycées agricoles dans le domaine de l’agriculture, l’élevage et la pisciculture. La stratégie de développement endogène par les établissements d’enseignement technique et professionnel de ce genre nécessite de démontrer les effets du programme du BGDSS sur la fixation des populations sur leur terre d’origine. Une telle démonstration fournit une raison supplémentaire de mobiliser les différents acteurs autour du programme dès l’identification des problèmes qui assaillent l’organisation, l’administration et la gestion des collectivités locales de la zone géographique. L’identification et la formulation des problèmes deviennent aussi des étapes du diagnostic du développement endogène où le recours et la mobilisation des différents acteurs semble probablement le plus crucial pour assurer l’exécution du programme d’innovation du bloc géographique.

Bien que le diagnostic du développement endogène n’ait pas pour fonction d’apporter des solutions définitives aux problèmes définis, il apparaît souhaitable que le groupe ou l’équipe de la recherche-action propose certaines voies de réformes sociales, économiques et politiques à explorer avec les différents acteurs internes et externes en lien avec le bloc géographique. Pour les cadres civils et militaires, la diaspora, les députés à l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement pouvant soutenir le programme du développement endogène du BGDSS auxquels sont soumis les résultats de l’étude, il est souvent difficile d’accepter un rapport théorique même de qualité sans la moindre prise en compte des avis de ces acteurs majeurs. Les points forts du système de développement endogène fondés sur l’expérience des chercheurs et auteurs sur la question doivent être identifiés aussi bien que ses problèmes à relever par le groupe ou l’équipe de recherche. Si les faiblesses du développement endogène du BGDSS méritent d’être critiquées, l’exposé des moyens de les corriger avec l’apport des différents acteurs majeurs maintient l’espoir du succès de la prochaine innovation du développement endogène. Et cet espoir incarne l’essentiel quand il s’agit de proposer de façon participative de nouvelles voies d’évolution du BGDSS. 

D’autres part, ce serait une perte considérable de ne pas intégrer dans le diagnostic du développement endogène, les opinions intéressantes exprimées par les spécialistes de la question et les partenaires potentiels du programme du BGDSS à rencontrer au cours des travaux de recherche sur terrain. Ainsi selon l’expérience, la règle d’or peut être formulée en ces termes : pas de solutions aux problèmes sans la participation des acteurs internes et externes concernés, mais pas de recommandations d’innovation sociétale sans une présentation claire par le groupe ou l’équipe de recherche-action des problèmes soulevés pendant le diagnostic du développement endogène du bloc géographique en question.

Pour la catégorie d’autres acteurs importants, la pratique montre que l’organisation de séminaires locaux, cantonaux et nationaux regroupant la diaspora, les cadres civils et militaires issus du milieu, les acteurs majeurs des grandes institutions publiques favorables au programme de développement endogène du BGDSS et les partenaires externes capables de soutenir l’initiative locale, organisation  au cours de laquelle les rapports préliminaires du diagnostic du développent endogène sont examinés, cela conduit à une amélioration substantielle des résultats de l’analyse de l’expérience du développement endogène, en général et en particulier celui du bloc géographique du BGDSS.

 2.8 – Ouverture du dialogue politique

La mobilisation des acteurs supérieurs du sommet de l’Etat tout autour du programme du développement endogène du BGDSS par l’ouverture du dialogue politique devient cruciale. Au terme du diagnostic du programme de développement endogène du bloc géographique suggérant l’implantation centrale des collèges et lycées agricoles, d’élevage, et de pisciculture, le groupe ou l’équipe de négociateurs disposerait de la matière scientifique pour ouvrir le dialogue politique sur l’issue finale du programme de développement endogène du bloc géographique Djamdè, Sanda Afohou et Sanda Kagbanda. A cet égard, il n’existe pas de règle générale, car les canaux décisionnels varient d’une période à l’autre dans le pays et dépendent des circonstances du moment à saisir ou pas. Il est cependant important de mettre à profit toutes les occasions d’informer d’abord les principales autorités du pays potentiellement favorables au programme de développement endogène du BGDSS telles que les ministres, les officiers supérieurs et généraux de l’Armée, les députés du Parlement, les membres influents du parti au pouvoir, les représentants des organisations internationales pouvant soutenir le programme. L’organisation de présentation officieuse des résultats de la recherche-action et la diffusion du résumé des documents finaux apparaît comme des moyens d’attirer l’attention des responsables, de les sensibiliser aux problèmes urgents du bloc géographique en question et de les préparer à l’adoption d’une nouvelle politique ultime axée sur le bloc géographique Djamdè, Sanda Afohou et Sanda Kagbanda.

Pour les hautes personnalités politiques qui n’ont qu’un temps limité à consacrer aux résultats de l’analyse des résultats de la recherche-action, il devient indispensable que les conclusions de l’étude soient présentées de façon extrêmement claire et concise. On utilise à cet effet des présentations schématiques, un résumé du rapport de synthèse et des têtes de chapitre mettant en vedette les conclusions majeures sous forme condensée.


3 – Calendrier prévisionnel d’exécution du projet

La mission du groupe ou de l’équipe de recherche s’étalera sur six (6) ans et se déroulera selon le tableau suivant.

 

Tableau 1 : Echéance prévisionnelle


Echéance

 

                                                 

Activités

 

Année 1

Année 2

Année 3

Année 4

Année 5

Année 6

 

Identification des acteurs et structures impliqués dans le processus de développement endogène du bloc géographique + Recensement des besoins en matière de développement endogène

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recueil des avis et propositions des différents acteurs et structures impliqués dans le processus de développement endogène du bloc géographique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elaboration du document stratégique de mobilisation des moyens et de la mise en œuvre du processus de développement endogène du bloc géographique

 

 

 

 

 

 

 

Détermination de la forme de la structure en charge du processus de développement endogène du bloc géographique

Rédaction de l’avant-projet de décisions pour l’organisation et le fonctionnement du processus de développement endogène du bloc géographique

 

 

 

 

 

 

 

 

Mobilisations des différents acteurs autour du processus de développement endogène du bloc géographique + Transmission des résultats de la recherche-action

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 – Les risques du programme du BGDSS

A part les crises subites sanitaires, sociales, économiques ou politiques qui menacent la conduite des programmes, parfois l’environnement peut porter préjudice à la conclusion et au succès du présent programme. Si la définition du contenu de certains programmes était de nature déclarative hier, parce que ces programmes n’avaient pas abouti aux résultats escomptés, il faudrait rendre aujourd’hui l’approche du programme du développement endogène du BGDSS beaucoup plus constitutive et moralement contraignante liant le bloc géographique, la diaspora, les acteurs internes et externes favorables à la cause.


Conclusion


L’élite d’une région a le choix entre abandonner les populations de son milieu d’origine dans la fatalité de reproduction socio-économique non vertueuse et l’audace d’inventer leur futur par l’innovation de programme ambitieux, mais réaliste et applicable.


 

ANNEXES

 

-       Diverses cartes

 

 




-       Tableau de données démographiques, superficies par préfecture et canton

 

 

Préfectures

Superficie

Taille de la population

Canton

Superficie

Taille de la population

H

F

Total

H

F

Total

1

Kozah

1 075 km2

141 188

142 550

283 738

Djamdè

39 km2

1 825

142 550

3 778

 

2

 

Bassar

3 620 Km²

76 235

75 830

152 065

Sanda-Kagbanda

5 234

5 408

10 642

Sanda-Afohou

2 928

3 087

6 015

 

Source : Annuaire statistique national, 2022.

 

 

 

ALEZA Sohou, Université de Lomé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 






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