Le retour au panafricanisme, une illusion contemporaine momentanée
Photo 1 : L’Empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié, le roi des rois, Dirigeant légitime de la Terre
Introduction
Panafricanisme ! Combinaison du préfixe « pan » qui veut dire « tout, entier » et le suffixe « isme » signifiant « système, idéologie, doctrine » pour expliquer la totalité d’un réel, ici l’Afrique, l’africanité. Ainsi le panafricanisme s’entend comme doctrine visant l’unité politique complète de tous les peuples d’Afrique et de la diaspora en réaction aux grands fléaux historiques ayant meurtri et mutilé le continent noir. Il s’agit de l’esclavage, la colonisation et l’impérialisme qui constituent une cause non négligeable de souffrance et de retard économique pour les populations noires. Les thèses panafricanistes défendent pêle-mêle certaines idées fondamentales suivantes : unité et solidarité des peuples et Etats africains, identité commune sur base de conditions historiques et culturelles, lutte, émancipation, autonomie, autodétermination des peuples noirs, libération totale du continent africain de toute forme de domination étrangère, coloniale, néocoloniale, économique, droit des peuples africains à s'autodéterminer, développement endogène, etc. Qui sont les pères fondateurs du panafricanisme ? Les publications citent le général Toussaint Louverture, père de la révolution haïtienne au XIXème siècle, Marcus Garvey au début du XXème siècle qui lutta contre l'oppression des Noirs et prôna même le retour des Noirs, victimes d’esclavage et de la colonisation, à la patrie africaine. Par la suite le panafricanisme devient la force motrice du mouvement de la décolonisation en Afrique sous l’inspiration et la grâce de l’Empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié, le roi des rois, Dirigeant légitime de la Terre - Photo 1 en intelligence avec les leaders comme Kwame Nkrumah du Ghana, Sékou Touré de la Guinée, Julius Nyerere de la Tanzanie et bien d’autres. Leur détermination historique aboutit à la naissance les uns après les autres des Etats africains que nous connaissons aujourd’hui. Ils poursuivirent le projet panafricaniste par la création de l'Organisation de l'Unité Africaine -OUA en 1963 à Addis-Abeba en Ethiopie. Cependant à la place de l'Organisation de l'Unité Africaine, Kwame Nkrumah voulait l’unité politique continentale par la création des États-Unis d'Afrique. Il faut reconnaître à l’origine que le panafricanisme historique a représenté l’artisan de la solidarité, de la dignité, de la voix et du pouvoir des peuples africains sur la scène mondiale.
En réalité l’idéologie panafricaniste
a atteint sa mission par la fin légale de l’esclavage ; par la
décolonisation africaine ayant provoqué la naissance de cinquante-quatre -54
Etats d’Afrique ; par la création de l'Organisation de l'Unité Africaine
-OUA en 1963 devenue depuis 2002 l’Union Africaine -UA. L’étape suivante
devrait s’occuper des voies et moyens de la définition de l’agenda de
l’économie du développement du continent. Pourquoi le retour du panafricanisme
encore ? Je n’en sais rien ! Aujourd’hui le concept réapparaît avec des
interprétations morales variant d’une élite africaine à l’autre. Nous
analyserons le processus de profanation du panafricanisme par certaines élites
aux égos démesurés assoiffées de crédits financiers, de pouvoir et de gloire
sans passage par la croix.
1 - Le panafricanisme, une idéologie
du passé en révisionnisme
Le panafricanisme
a réussi a arraché la fin de l’esclavage et l’indépendance politique des Etats
d’Afrique même si les classes dirigeantes de ces Etats n’ont pas conscience de
leur entière responsabilité face à la transformation mesurable des sociétés.
1.1 -
Mission terminée du panafricanisme des pères fondateurs
Si les leaders noirs du passé ont
inventé le panafricanisme, c’était à juste titre un cri de ralliement des
premiers instruits de l’Afrique qui comprenaient l’enjeu de libération des
peuples africains de l’esclavage et de la colonisation. Ils ont réussi ce pari
et les Africains doivent passer à autre chose plutôt que revenir sur une
idéologie ne contenant rien sous prétexte de menaces du néocolonialisme et de
l’impérialisme. Les autres peuples avec lesquels nous sommes sortis de la
colonisation comme ceux de la Chine, de la Corée du Sud, bref des Etats d’Asie, ont vaincu la
pauvreté, la misère, la domination, le néocolonialisme et l’impérialisme. Plutôt que d’exhumer
un mouvement dépassé ne contenant plus rien pour développer l’Afrique, certains
intellectuels devraient arrêter de mentir à la jeunesse et aux populations
d’Afrique. Le panafricanisme n’a sauvé pour le moment aucun Etat africain.
1.2 - La mercantilisation
dangereuse du néopanafricanisme
D’obédience élitiste, le panafricanisme d’aujourd’hui est tenu par une horde d’intellectuels africains et de la diaspora sans capital, sans pouvoir, sans rien du tout, uniquement avec des discours, paroles contradictoires, querelles, polémiques, confusions, distractions, influences, insultes des dirigeants d’Etats selon qu’ils profitent ou pas de ceux-ci, plaidoiries en faveur des dirigeants d’Etats leur donnant de l’argent et de certains droits, etc. Nous assistons à un panafricanisme à la carte, à géométrie variable, à la morale subjective, de philosophies subjectives, de mentalités aigries. Les néopanafricanistes d’aujourd’hui se distinguent par une pauvreté intellectuelle remplacée par les aboiements. Sans emplois à durée indéterminée, ils commercialisent, monétisent, arnaquent et exploitent ceux qui les écoutent. Le mouvement panafricaniste d’aujourd’hui n’a rien avoir avec celui de ses premiers auteurs qui l’ont procréé pour accomplir une mission historique bel et bien terminée. La guerre du panafricanisme originel est finie depuis bien longtemps. Revenons sur terre au sujet de l’agenda du Développement économique pour le peuple ! Le panafricanisme, c’est du passé, ça ne reviendra pas. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui devient, comment procéder à l’organisation du Développement global, intégré et intégral de l’Afrique?
Une idéologie non soutenue par les
sciences, les mathématiques, les statistiques est vouée à la disparition.
L’analyse de la trajectoire des premiers pays pionniers du développement économique
dans le monde révèle que la base de leur changement, mutation et évolution ne
repose pas sur une théorisation de couleur de la peau et d’une géographie
continentale, mais sur les principes de la concurrence économique au moyen de
la rationalité scientifique. Les révolutions mises en jeu pour parvenir au
développement n’ont rien à avoir avec les contingences et variabilités
humaines, mais de la consistance de dimension universelle. Nous pouvons prendre
l’exemple des théories ayant modifié de fond en comble l’Occident puis
l’Orient, à savoir le capitalisme, le libéralisme, le socialisme, le
communisme, etc. Les résultats et effets de ces mouvements de pensée sur
l’Occident apparaissent démonstratifs. Ils ont tiré des systèmes rationnels
ainsi élaborés, une première révolution industrielle avec la mécanisation des
activités économiques par la vapeur ; puis une deuxième révolution
industrielle avec la mécanisation des activités économiques par l’électricité
plus le pétrole ; encore une troisième révolution industrielle avec
l’automatisation des activités économiques par l’électronique, l’informatique
et la cybernétique, puis encore une
quatrième révolution industrielle avec la robotisation des activités
économiques par fusion du monde physique à la numérisation, à l’interconnectivité, et aujourd’hui à l’Intelligence Artificielle. Voilà les
éléments rationnels dont les peuples s’approprient pour être libres. En ce
moment de l’ère cybernétique globale, certains intellectuels africains bizarres
choisissent de retourner au panafricanisme dont la mission est déjà vidée et
accomplie depuis. Quel peuple s’est développé en autarcie sur sa base
culturelle intangible, sans maîtrise, sans intégration dans son histoire, sa civilisation des révolutions politique,
scientifique, industrielle, commerciale… acquises et ayant fait leur preuve ailleurs ? Ça suffit
comme ça, les menteurs ! De nous chanter du panafricanisme matin, midi et soir, alors qu’il ne contient plus rien comme déterminant, en faveur des Africains, dans l’issue de la compétition
entre les nations du monde.
2
-
L’Afrophilie Russe et Chinoise stabilisant
progressivement l’Afrique
Au festin occidental de la Conférence
de Berlin (1884-1885) pour le partage et la colonisation de l’Afrique, la Russie
conviée a décliné l’offre de l’Occident. Encore moins la Chine qui était sous
colonisation et domination japonaise. Aujourd’hui la contribution de la Chine
et de la Fédération de Russie pour l’émergence du continent africain comme potentiel pôle du
développement économique n’est pas mesurée à sa juste valeur. Ces deux
superpuissances économiques et militaires comprennent mieux l’Afrique trop longtemps dominée. Ainsi certains intellectuels malhonnêtes
tentent d’insinuer, à propos d’autres pays de l’Afrique qui se libèrent
définitivement du joug colonial occidental, comme fruit du panafricanisme.
2.1 - Un récit identitaire et de propagande
ne développe pas un continent
Si le panafricanisme a servi dans le
temps de mouvement politique, culturel et intellectuel qui vise à renforcer les
liens de solidarité entre tous les peuples d'origine africaine, que ce soit sur
le continent africain, par sa diaspora dans le monde, il n’a plus d’objet aujourd’hui
dans la mesure où cinquante-quatre Etats indépendants se sont constitués sur le
sol d’Afrique. Une société n’a pas pour but l’unité, mais la poursuite du
bonheur par ses membres dans la diversité et la contradiction. Vouloir unir
tout un continent parce que sa population a la même couleur de peau devient
absurde. C’est impossible d’atteindre ce but. Seuls le capitalisme, le
libéralisme, l’Etat de droit, l’ordre constitutionnel solide et immuable, la
démocratie, les élections libres et transparentes, les sciences, les
révolutions industrielles, commerciales cimentent l’unité des peuples. Parce
que tous les membres de la société trouvent leur compte au titre de l’usufruit
des droits et libertés fondamentales.
2.2
– L’urgence d’une conception scientifique d’un partenariat stratégique entre
l’Afrique, la Russie et la Chine
Le panafricanisme de couleur des nouvelles élites africaines pauvres recherchant de l’argent pour rembourser leur crédit est à remplacer par quelque chose de sérieux. Ils n’ont rien, à part la vente de leur démagogie culturelle à ceux qui veulent les écouter. Revenons aux choses de base. Le capitalisme africain doit naître sur le fondement de la trilogie partenariale Afrique-Russie-Chine. Il s’agit pour l’axe stratégique de définir les bases du développement du contient africain par l’expérience asiatique après l’échec de celle occidentale. L’Afrique a besoin des révolutions industrielles dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire pour se relever de 500 ans de domination de l’Occident.
Si l’AES survit jusqu’aujourd’hui, ce n’est pas à cause du panafricanisme. Elle existe et tient la route de son développement grâce à l’Afrophilie Russe et Chinoise. Sinon les impérialistes occidentaux allaient déjà effacer ces régimes militaires de l'AES de la carte du désert africain. C’est alors que les intellectuels inconscients viennent se pavaner dans les capitales de l’AES pour chanter leur panafricanisme mercantile et à intérêt. La Russie, à l’origine de l'indépendance et de la souveraineté pour le moment relatives des Etats membres de l'AES vis-à-vis de leurs anciens maîtres, comprend mieux le destin de l’Afrique. Il apparaît ridicule de croire que le panafricanisme sert quelque chose à l’AES. A part quelques intellectuels endettés, sans emplois, sans argent, en voie d’être déchus de leur naturalisation dans leur pays d’accueil, qui feignent de l’admettre et arrivent dans l'espace en question pour l'étalage d'une propagande nauséabonde d'africanistes et d'influenceurs de merde auprès des pays de l’AES, en vue d'exister. Si la Fédération de Russie se retire de l’AES, elle s’effondrera en même temps. A l'inverse si l'espace AES ferme ses portes aux néopanafricanistes, il deviendra meilleur. Le panafricanisme ne va sauver ni l’Afrique, ni l'AES, mais seulement le capitalisme par les STIM, c’est-à-dire les Sciences, les Technologies, les Ingénieries et les Mathématiques avec pour effet les révolutions industrielles dans le domaine de la Défense ; dans les secteurs primaire d’agriculture, élevage, pêche, pisciculture ; secondaire de transformation, d’industries ; tertiaire de commerce, des services et consommations responsables.
Conclusion
Le panafricanisme reste une idée-force à reconnaître historique, ayant joué un rôle de boussole politique pour la fin de l'esclavage et la réalisation de la décolonisation de l'Afrique. Ainsi sa mission est terminée pour faire place aux théories rationnelles et aux regroupements basés sur les intérêts des États du continent. Le passage de l'idéal à l'action se heurte aux réalités des pouvoirs étatiques, aux intérêts divergents et à la faiblesse du système éducatif basé sur les STIM. Le panafricanisme demeure un projet achevé et non à interpréter constamment au goût des intellectuels sans capital et sans pouvoir. Une doctrine politique de développement d’une nation, d'une région et d'un espace, n’a pas d’avenir, si elle ne comporte pas en son sein la qualité d'un système éducatif de reproduction stratégique, structurelle, économique et sociale.
ALEZA Sohou, Université de Lomé

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